La vie de la maison

AQUI SIAN BEN
Septembre 2013

C'est avec grand plaisir que nous avons accueilli le vendredi 6 septembre 2013 après-midi deux personnages bien connus dans la vallée de Thoard, à savoir Maxime JULIEN et Gilbert MAISSE. Ces derniers sont venus nous raconter quelques belles histoires en patois ou plus exactement comme le soulignait le premier, en « gavot ».

A Thoard on parle le « gavot », patois des gens de la montagne. Il est reconnaissable car le son « ch » est prononcé à la différence des autres patois où il ne l'est pas.
Les métiers d'avant ont été évoqués : il y avait alors dans ce petit village un cordonnier, un garde-champêtre, un bourrelier, un tailleur, une chapelière, des bars et un restaurant, une bugadière et bien sûr un boucher et un boulanger.
Les gens cultivaient des melons notament à Barras où les melonières étaient nombreuses. On trouvait également des amandiers, des pêchers, de l'épautre, des pois chiches et des lentilles. Souvent des tilleuls se dressaient dans les cours d'école. Leur récolte était vendue et les bénéfices permettaient de financer une partie du voyage scolaire de fin d'année. En ce temps là « rien ne se perdait ».
Lors des veillées, les Thoardais se rendaient chez leurs voisins. La première partie de la soirée était occupée à travailler et notamment à « dégover » les amandes pour pouvoir les vendre. S'il n'y avait pas de travail particulier à accomplir les gens jouaient aux cartes. Ensuite ils partageaient entre eux des gâteaux ou des chataignes à l'automne accompagnés de vin chaud ou de vin doux.
A l'époque, « tout était pretexte à faire des repas » nous confiaient nos invités du jour. La bugade était éxécutée par la bugadière ou par les particuliers. C'était comme l'explique Maxime JULIEN dans son livre « la petite vallée », la grande lessive de draps. Elle était réalisée deux fois par an. L'eau chaude était versée sur des cendres de bois dans la lessiveuse: ce mélange s'appelait le « lichiou ». Ensuite les femmes faisaient sècher les draps sur l'herbe verte afin qu'ils soient davantage blancs.
Le premier à acquérir une moto à Thoard, une Terrot, a été « le Jeannot SYLVESTRE » dans les années 40. Cet événement nous a été décrit comme « une révolution ». La famille SYLVESTRE a plusieurs fois été citée. Ils étaient onze enfants et leur père était quelqu'un de très apprécié dans la vallée.
Gilbert MAISSE a accompagné ces échanges de son harmonica. Il a relaté plusieures anecdotes dont celle-ci: enfant il venait en vacances chez ses grands-parents à Barras. Un jour il avait grimpé à la cime d'un cèdre mais ne pouvait plus descendre. Son grand-père qui était là lui a dit:  « si es monta, descendras ». « C'es pa dérangea »!!
Pour finir nous avons compris le pourquoi de l'expression « le plu couillon faï lum » A la ferme le moins « ouvert » comme dit Maxime tenait la veillore (la lampe) tandis que le plus adroit faisait le travail !...

En conclusion, nous avons passé un très bon moment. Les résidents, tout comme nos invités, semblaient très satisfaits de cette initiative. Un grand merci donc à nos invités, également à Danie et Thierry pour avoir concrétisé cette rencontre. Biensûr nous souhaitons que cela se renouvelle bientôt.

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