Groupe de Paroles

LA COMPETENCE DES FAMILLES
Décembre 2010

C'est le 22 octobre 2010 que nous nous sommes rencontrés pour constituer un nouveau Groupe de Paroles destiné aux proches.

Pour cette première au sein de notre nouvel établissement, la participation était à la hausse. La Maison de Retraite accueille depuis son déménagement davantage de résidents et donc de familles.
Le moment semble donc opportun pour expliquer en quoi consiste ce groupe.


Il s'agit de proposer un temps où chacun peut exprimer son ressenti, son questionnement, ses observations en lien avec le placement d'un proche en maison de retraite. Ensemble, familles et personnel offrons un véritable lieu d'étayage où la convivialité est présente. La diversité des situations, l'aide que les personnes s'apportent entre elles constituent les bases de ce Groupe de Paroles. Il est né de l'observation d'une demande du côté des aidants. Ceux-ci échangent entre eux de façon informelle lors de leurs visites.Participent à ces temps d'échanges de nouvelles familles qui nous ont fait le plaisir de nous rejoindre pour s'associer aux "habitués". Le fait que ce groupe reste ouvert permet de créer une dynamique singulière et aux participants de créer de liens.
Du côté du personnel nous sommes maintenant cinq personnes à participer régulièrement:
-BERNARD Francine, infirmière coordonnatrice
-JOVET Elisabeth, médecin coordonnateur
-STAMPER Danie, animatrice
-MAISSE Céline, infirmière
-LAGIER Sylvie, psychologue
Ce temps de paroles dure environ une heure et demie et s'achève par une collation maison, donnant l'occasion bien souvent aux discussions de continuer de façon informelle.
Les thèmes abordés restent nombreux. Le temps du placement a été décrit avec parfois des mots douloureux comme "abandon". Certains aidants ont pu se décrire comme démunis lors de ce temps de séparation. La notion de deuil a été longuement parlée tant du point de vue du résident que des familles; Il s'agit pour le sujet placé du deuil de la vie d'avant à son domicile et pour l'aidant du deuil de la relation d'avant au proche. Ce nécessaire travail de deuil apparait très souvent. Il consiste, semble -t-il, en une rupture mais aussi en une réorganisation du lien familial. Cette souffrance apparait également chez les familles où la placement intervient à la demande du sujet âgé et ce chez les différents membres de la famille. Nous avons également abordé le renversement de l'ordre des générations, la solitude de l'aidant, les risques d'agressivité voire de maltraitance au domicile et aux tensions ressenties.
Le placement a été décrit comme pouvant renforcer ou atténuer les conflits familiaux. Ce "terrain neutre" qu'est l'institution permet à chaque enfant de reprendre son rôle auprès du parent.
La question de la pertinence pour le résident de passer une journée dans la famille a été posée. Certains proches pratiquent ainsi pour une ou plusieures journées et cela convient semble-t-il à tous. Cette demande est intéressante si, tout d'abord, le résident est demandeur et si ce temps est bien vécu par toute la famille.
La tristesse et la colère ont été mentionnées avec parfois une substitution entre ces deux notions.
L'éclairage de l'analyse transactionnelle apparait ici intéressant. En effet, "le racket de sentiments" consiste à éprouver une émotion, par exemple la tristesse liée à la séparation et à y répondre par la colère voire l'agressivité. Cette observation met en évidence l'intérêt d'identifier ses émotions pour avoir un comportement, des paroles en accord avec notre ressenti. A noter qu'il existe six émotions principales qui sont: la joie, la tristesse, la colère, la honte, l'anxiété et la peur.
Ce temps de paroles s'est,malgré les thèmes abordés, achevé en rires et avec quelque chose de l'ordre de la complicité.
Pour finir, "miser sur la compétence familiale" apparait essentiel afin d'améliorer l'accueil du résident au sein de notre établissement.
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