Groupe de Paroles

LES FAMILLES S'EXPRIMENT A LA MAISON DE RETRAITE
Novembre 2009

C'est le 23 octobre 2009 que nous nous sommes à nouveau rencontrés pour échanger dans ce groupe destiné aux familles mais aussi réalisé par celles-ci avec notre soutien.Nous avons salué la présence des personnes habituées comme des nouvelles. Côté personnel de la Maison de Retraite, Francine Bernard a pris la relève de Marie Thé Spinnato partie à la retraite, " l'aves ben merita! "

Plusieurs thèmes ont été abordés et je ne citerai que les principaux.

Le premier a concerné le besoin des familles d'être rassurées suite au placement avec en fond toujours la question de savoir si cette solution était la plus adaptée. Alors les proches ont pu évoquer, au-delà du langage, des indicateurs d'adaptation comme les déplacements au sein de l'établissement, les relations entre pairs...
Une personne du groupe se réjouit de voir sa mère marcher à nouveau depuis son entrée. Les indicateurs comportementaux apparaissent très importants pour les familles car certains résidents ne s'expriment pas, d'autres renvoient à leurs proches beaucoup d'agressivité. Cette dernière attitude reste très difficile à vivre pour l'entourage.
Alors le débat s'est orienté sur comment supporter et accepter cette colère. Les participants au groupe ont pointé l'importance du soutien de leur famille d'abord mais aussi d'autres personnes vivant la même expérience. Outre la possibilité de s'exprimer, d'écouter, ce groupe peut apporter du réconfort. Certaines personnes déclarent qu'elles en ont reçu à leur arrivée à travers ce temps d'échange et maintenant elles peuvent le donner à leur tour.
Les familles ont également exprimé, plus par rapport à la pathologie qu'au placement, le besoin de faire le deuil de la relation parent-enfant. Il s'agit en effet du renoncement de ses propres attentes afin de construire une autre relation avec son parent, et d'une découverte mutuelle avec toutes les difficultés mais aussi les plaisirs liés à ce cheminement. Les proches disent être parfois nommés comme une mère ou une sœur. Si nous nous voyons toujours jeunes, notre entourage nous voit tels que nous sommes et nous renvoie à notre propre vieillesse. Les familles s'accordent à dire que l'importance est "d'être reconnu", davantage que d'être correctement nommé. Il s'agit ici de conserver le lien malgré une mémoire défaillante.
Le fait de devenir parent de ses propres parents a également été abordé avec là aussi la difficulté à l'accepter et le besoin du temps nécessaire pour le faire. D'un autre côté, tous ces bouleversements dans la dynamique familiale peuvent également être à l'origine d'un questionnement personnel et de changement pour les proches des résidents. En effet une personne du groupe dit être attentive à ne pas reproduire sa relation avec sa mère avec ses propres filles : " j'étais trop exigeante envers elles ". Une autre déclare " je le gâte (mon fils) pour qu'il ait une bonne image de moi..."
Les familles qui viennent voir leur proche régulièrement ont pu aussi exprimer le manque de reconnaissance parfois à leur égard ainsi que l'idéalisation des enfants moins présents pour des raisons, avérées ou non, de distance. Il apparait une différence entre les proches qui partagent le quotidien des résidents et les autres. Ces derniers sont l'objet de projections parentales que la réalité ne modifie pas. Mais il est aussi vrai que la relation parent-enfant s'inscrit dans notre petite enfance et qu'elle demeure malgré tout.

Voilà pour résumer ce dernier groupe de paroles qui s'est clôturé comme à l'accoutumée par une collation maison offerte par la Maison de retraite.
Alors " A l'an que ven " pour la suite.
Sylvie Lagier, psychologue.

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